Au cours de la semaine du 13 au 17 février, la campagne de collecte de données consacrée à la faune hypogée a débuté en Sardaigne dans le cadre du projet CAVESTOUR. Les activités concernent en particulier les chiroptères et, lorsque cela est prévu et selon les caractéristiques de chaque cavité, également l’herpétofaune et l’entomofaune cavernicole.
Les relevés ont été effectués dans les trois grottes touristiques sardes incluses dans le projet (grotte de Su Marmuri, grotte de Nettuno et Grotte Verte). Lors de la journée de relevés dans la Grotte Verte, outre les techniciens naturalistes chargés de l’étude, le CNR et les représentants du Parc de Porto Conte ont également participé à une activité conjointe visant à mettre en place les opérations de surveillance et à recueillir les premières informations sur le site.
Le principal axe des études concerne les chiroptères, un groupe faunistique particulièrement sensible aux modifications environnementales et aux perturbations anthropiques, notamment durant les phases délicates de l’hibernation et de la reproduction. Les grottes constituent, pour de nombreuses espèces, d’importants sites de refuge, d’hivernage, de repos et, dans certains cas, de reproduction. La connaissance de leur présence, de leurs effectifs et de leur répartition constitue donc un élément fondamental pour la protection des écosystèmes souterrains.
Les activités prévues comprennent différentes méthodes d’étude, parmi lesquelles le recensement des individus présents dans les gîtes, les observations durant les phases d’envol et des sessions bioacoustiques spécifiques au moyen de détecteurs de chauves-souris, des instruments capables d’enregistrer et d’analyser les ultrasons émis par les chauves-souris. Ces techniques permettront d’obtenir des données sur la présence des espèces, sur les effectifs des populations et sur l’utilisation des cavités par les chiroptères au cours des différentes périodes de l’année.
Parallèlement à la surveillance des chiroptères, le programme prévoit, en fonction des caractéristiques de chaque grotte et de la présence des espèces, également des études approfondies sur l’herpétofaune et l’entomofaune cavernicole. En particulier, dans certaines cavités, des relevés seront menés sur les géotritons, des amphibiens étroitement liés aux environnements frais et humides et souvent associés aux habitats souterrains, ainsi que sur l’entomofaune hypogée, composée d’organismes adaptés aux conditions particulières des grottes, telles que l’absence de lumière, une humidité élevée et des températures relativement stables.
Les activités menées dans les grottes sardes s’inscrivent dans un programme de surveillance plus vaste prévu par CAVESTOUR, qui concerne plusieurs cavités touristiques de la zone de coopération. La collecte de données se poursuivra selon un calendrier pluriannuel, avec des sessions réparties entre la période hivernale et la période printemps-été, afin de couvrir les différentes phases biologiques des espèces étudiées. Les informations acquises alimenteront des bases de données et des rapports techniques, utiles pour définir l’état des populations, identifier d’éventuelles pressions ou menaces et fournir des indications de gestion à l’appui de la conservation.
Le lancement de la campagne représente une étape importante pour le projet CAVESTOUR, qui vise à concilier fréquentation touristique, connaissance scientifique et protection des environnements hypogés. Les grottes touristiques sont des écosystèmes fragiles, dans lesquels même de faibles variations environnementales ou des formes de perturbation non contrôlées peuvent affecter les communautés biologiques présentes. Pour cette raison, la surveillance de la faune cavernicole constitue un outil essentiel pour orienter les futures stratégies de gestion et de valorisation durable.
